Schauvliege : "Chaque pas dans la bonne direction est un pas en avant"

La Ministre flamande de l'Environnement, de la Nature et de la Culture Joke Schauvliege se rendra sous peu à Cancún (Mexique) pour assister au sommet annuel de l’ONU sur le changement climatique. Elle y défendra, en sa qualité de présidente du Conseil Environnement, la position de l’Union européenne en matière de climat.
Aujourd’hui (29 novembre), s’ouvre la 16e Conférence des Parties sur le changement climatique. Quel est l’objectif de cette rencontre annuelle ?
Schauvliege : "Cette Conférence des Parties annuelle doit être vue comme un instrument de suivi des Conventions qui ont été conclues auparavant dans le cadre des Nations Unies. Il s’agit notamment de la Convention sur le changement climatique qui a été adoptée en 1992 et qui est entrée en vigueur en mars 1994. Cette Convention a été signée par 194 pays, qui se sont notamment engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, à apporter leur appui financier et technologique aux pays en développement et à prendre ensemble des mesures pour nous permettre de nous adapter aux effets du changement climatique. Cancún en est la 16e étape. L’année prochaine, la 17e Conférence des Parties se tiendra à Johannesburg (Afrique du Sud).
Les pays qui ont ratifié cette Convention sont entre-temps convenus de notamment limiter à moins de 2 degrés Celsius le réchauffement mondial de la terre. Pour y parvenir, des mesures doivent être prises au niveau mondial. C’est un processus complexe, mais chaque pas dans la bonne direction est un pas en avant".
Quelle est la position de l’Union européenne dans les négociations ?
" Les 27 États membres de l’Union européenne ont déjà défini une position commune lors du Conseil formel du 14 octobre. L’ambition reste la même, mais l’approche est plus pragmatique. Un accord mondial juridiquement contraignant pour la période au-delà de 2012 ne devrait pas non plus être conclu à Cancún, selon toute vraisemblance. Un accord équilibré doit selon nous aborder les aspects suivants : la réalisation des engagements de l’Accord de Copenhague, l’adaptation au changement climatique, la déforestation dans les pays en développement, l’échange des technologies, des règles transparentes en matière de compte-rendu et des normes en matière d’émissions pour le transport aérien et maritime, qui ne sont actuellement pas pris en compte par l’Accord de Kyoto. L’Union européenne est prête à accepter une deuxième période Kyoto, mais uniquement si les toutes les grandes économies s’y engagent, y compris la Chine et les Etats-Unis.
L’Union européenne présentera également à Cancún son financement à mise en œuvre rapide. En 2010, l’Europe a recueilli 2,2 milliards d’euros pour appuyer les pays en développement dans leur adaptation au changement climatique. Cet engagement de l’Union européenne entre dans le cadre de l’Accord de Copenhague, visant à apporter un appui de 7,2 milliards d’euros aux pays en développement entre 2010 et 2012."
Quel sera votre rôle au cours des négociations à Cancún ?
"En tant que Présidente du Conseil Environnement de l’Union européenne, j’ai reçu un mandat clair pour parler à Cancún au nom des 27 États membres. Je représente la position de l’Union européenne avec la Commissaire européenne en charge du Climat, Connie Hedegaard. Sur place, le Conseil et la Commission se consulteront en permanence. Nous disposons également d’un rapport dans lequel est exposée la manière dont l’Europe peut faire plus que réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre."
La précédente Conférence des Parties de Copenhague a été taxée d’échec par la presse internationale. Pensez-vous qu’on puisse cette fois attendre un meilleur résultat ?
"L’année dernière, les attentes étaient bien trop élevées, l’organisation du sommet était plutôt bancale, et l’Europe a en fin de compte été exclue des négociations finales. Nous en avons tiré des enseignements. Ces derniers mois, beaucoup a été fait pour rétablir la confiance. Nous avons pris conscience que nous devons nous efforcer d’atteindre ce qui est réalisable aujourd’hui, plutôt que de nous attacher à des objectifs trop ambitieux."
Factsheet changement climatique