Le ministre Jo Vandeurzen à propos de la présidence européenne

En tant que ministre flamand du Bien-être, de la Santé publique et de la Famille, Jo Vandeurzen ne préside aucune formation du Conseil. Toutefois, il désire profiter de la vigueur de la présidence belge pour promouvoir la collaboration au sein du secteur de la santé.
Quel rôle jouerez-vous lors de la présidence européenne ?
Nous voulons parvenir à une meilleure collaboration, grâce à l'échange de connaissances et audialogue, dans cinq domaines importants : la pauvreté, la psychiatrie légale, l’emploi dans le secteur de la santé, l’accueil familial et le handicap.
C’est pourquoi nous organisons, entre autres, le congrès « Prendre soin de l’accueil familial », lors duquel nous désirons rassembler tous les acteurs européens afin de débattre de thèmes actuels. Dans ma note de politique générale, j’indiquais déjà que l’accueil familial était une forme de soin importante. Pour 2012, je veux un décret sur l’accueil familial qui vaut pour tous les secteurs.
Voici une autre problématique importante : comment pouvons-nous trouver suffisamment de travailleurs qualifiés pour répondre à la demande croissante dans le secteur des soins et de la santé. La Commission européenne a récemment publié les résultats des consultations sur ce thème dans un livre vert. J’ai moi-même lancé il y a peu le plan d’action "werk maken van werk in de zorgsector (NL)" ("s’occuper de l’emploi dans le secteur de la santé").
Nous organisons également une conférence "Health Workforce", qui se concentrera sur les possibilités pour une approche et une collaboration innovantes en matière d’emploi dans le secteur de la santé en Europe.
Pour stimuler l’échange de connaissances scientifiques et de pratiques efficaces, aussi dans d’autres domaines, nous organisons deux autres conférences. Une conférence sur la psychiatrie médico-légale aura lieu. En une conférence sur les déterminants sociaux de la santé est aussi prévue. Lors de celle-ci, une attention particulière sera accordée aux personnes avec un handicap et à la problématique de la pauvreté. Nous mettons ce thème à l’ordre du jour lors de la présidence belge, car cette année est aussi l’Année européenne de la pauvreté et de l’exclusion sociale.
Quelle est l’influence de l’Union européenne sur votre/vos domaine(s) de compétence ?
L’Union européenne intervient de plus en plus dans notre vie quotidienne, et il n'en va pas autrement pour le secteur de la santé et du bien-être. L’Europe a l’ambition d'apporter toujours plus de cohésion dans la politique sociale des divers États membres.
Dans la stratégie Europe 2020, qui vise à plus de collaboration et de croissance économique, une attention particulière est également accordée à l'aspect social de la crise et de l'emploi. Des objectifs ont ainsi été définis en matière de pauvreté et d'inclusion sociale, entre autres.
L’Union européenne exerce beaucoup d’influence sur la politique du ministre fédéral de la Santé publique, Laurette Onkelinx. Je suis surtout compétent en matière de prévention sanitaire, et l’influence de l’Union européenne en la matière est plutôt limitée. Elle s’occupe principalement d’activités de coordination pour lesquelles le niveau communautaire peut constituer une plus-value, comme la collecte et la propagation d’informations lors de la pandémie de grippe. Il existe aussi un certain nombre de recommandations concrètes en matière de santé publique que la Flandre utilise dans le cadre de sa politique propre, par exemple dans le cas du dépistage du cancer.
Il faut également mentionner le programme communautaire de santé publique (EN), qui promeut la collaboration entre les États membres et les régions, ainsi que l'échange d'expériences dans le domaine de la prévention. L’Union aide ainsi les États membres à exécuter correctement les directives européennes, par exemple.
Pour finir, des règles européennes provenant d’autres domaines, comme le marché intérieur, ont bien sûr aussi un impact considérable sur l’organisation du secteur des soins et de la santé. La directive européenne sur les services, qui exerce de l’influence sur un certain nombre de services dans l'accueil des personnes âgées et la garde des enfants, en est un exemple. La directive sur les services détermine, entre autres, quels permis nous pouvons décerner, en tant qu'autorités flamandes.
Quelle percée dans votre/vos domaine(s) de compétence voudriez-vous voir se réaliser à l’échelle européenne ?
Un projet capital dans notre domaine de compétence est le Flanders’ Care. C’est un projet ambitieux en matière d’innovation et d'entreprise dans le secteur de la santé, qui doit contribuer à des soins de qualité et à un développement économique.
Le vieillissement de la population et les évolutions technologiques constituent des défis importants dans le secteur de la santé. Flanders’ Care les relève et désire positionner la Flandre en tant que région internationale de pointe en matière de santé.
Flanders’ Care réunit les parties concernées les plus importantes dans l’innovation en matière de santé. La collaboration entre les institutions sanitaires, les centres de connaissances et les entreprises doit mener à des solutions orientées vers la pratique. Les thèmes importants sont entre autres : la technologie d’assistance, la télégénique, les TIC santé, la médecine translationnelle, le diagnostique/l’imagerie et la durabilité.
Comment voyez-vous l’avenir de l’Union européenne ?
J’estime que les États membres devraient bénéficier deplus de participation directe au sein de l’Union. Cet objectif se trouve aussi dans l’accord gouvernemental du gouvernement flamand (NL).
Quelle est votre destination de voyage préférée en Europe ?
J’aime les belles villes européennes telles que Florence, qui sont non seulement magnifiques, mais qui ont aussi une histoire à raconter et qui ont à chaque fois quelque chose de nouveau. L’Italie m’attire également beaucoup grâce à sa cuisine et ses vins délicieux.
J’apprécie aussi beaucoup la côte belge. J’aime me promener, courir et faire du vélo, et elle s’y prête parfaitement.