Le ministre Bourgeois évoque son rôle au cours de la Présidence européenne

Le ministre flamand Geert Bourgeois dispose d’une série de compétences hétéroclites : matières administratives, affaires intérieures, intégration, tourisme, patrimoine immobilier et Périphérie flamande. Au cours de la Présidence de l'Union européenne, il souhaite se concentrer sur une série de domaines politiques « oubliés » en Europe, tels que la stratégie du patrimoine et l’e-gouvernement.
Quel rôle jouerez-vous au cours de la Présidence européenne ?
J'organise quelques conférences au cours desquelles des experts de toute l'Europe pourront échanger leurs idées. Ainsi, une conférence se tiendra le 9 décembre à Bruges sur la stratégie du patrimoine et le 14 décembre, Gand accueillera une conférence sur l'e-gouvernement. L'objectif est d'attirer davantage l'attention sur ces domaines à l'échelle européenne, où ils sont actuellement quelque peu délaissés. À Gand, les 25 et 26 novembre, se tiendra également une conférence sur la politique d'intégration.
Je soutiens aussi activement la réunion de haut niveau du 29 septembre, qui rassemblera les hauts fonctionnaires autour du thème de la gestion des affaires intérieures. Cette réunion est placée sous le signe de l'efficience et de l'efficacité des pouvoirs locaux.
Enfin, je souhaite également informer la presse et les attachés de presse étrangers sur la politique linguistique et de territorialité dans notre pays, au moyen d’un Speakers’ Corner à Tervuren. Il espère ainsi dissiper une série de méprises sur la Flandre et la Périphérie flamande.
Quelle est l’influence de l’Union européenne sur vos domaines de compétence ?
L'Europe a une très grande influence sur les domaines politiques relevant de mes compétences.
Ainsi, la qualité de la réglementation et la réduction de la charge administrative constituent des points majeurs de l'agenda européen. Avec la Flandre, nous essayons de figurer parmi les meilleurs élèves de la classe européenne dans ce domaine.
La politique du patrimoine est également soumise, de façon indirecte, à une influence non négligeable des réglementations européennes, notamment dans le domaine de l'environnement, de la sécurité au travail et de l'économie d'énergie. Le grand défi est dès lors d'harmoniser cette législation avec les intérêts spécifiques du patrimoine.
Sur le plan du tourisme, l'Union européenne veille essentiellement à une protection optimale des consommateurs. Et grâce au Fonds européen d'intégration, nous avons la possibilité de développer en Flandre différentes initiatives liées à l'intégration.
Quelles sont les avancées dans vos domaines de compétence que vous souhaiteriez au niveau européen ?
Un des défis majeurs de l'Union européenne est, selon moi, de mettre sur pied une politique d'asile et d'immigration commune. À cet égard, le lien avec l'intégration et le retour (volontaire) ne doit certainement pas être oublié.
Par ailleurs, je souhaiterais également une homogénéisation de la classification des hôtels et une signalisation touristique à l'échelle européenne. En ce qui concerne le patrimoine immobilier, l'Europe devrait veiller à éviter que les nouvelles mesures politiques européennes destinées à d'autres domaines politiques aient des répercussions indésirables sur le patrimoine. Je plaide aussi en faveur d'un nouvel instrument permettant de comparer les pouvoirs locaux dans une perspective internationale, en termes d'efficience et d'efficacité.
De façon plus générale, il serait bon que l'Europe consacre une plus grande attention aux états fédérés ayant des compétences réglementaires.
Comment voyez-vous l'avenir de l'Union européenne ?
La principale mission de l'Union européenne réside, à mon sens, dans l’adoption d’une approche commune des problèmes qui dépassent les frontières des Etats. À l'égard des défis majeurs tels que la démographie, la globalisation, l'environnement le climat, un seul État membre n'a pas fait le poids. Par ailleurs, la collaboration dans le cadre d'un engagement européen unique est plus que nécessaire.
L'Europe peut réhabiliter les finances publiques à la dérive, jouer le rôle de chef d'orchestre en matière de réglementation dans la lutte contre le réchauffement climatique et contre le terrorisme, et garantir la mobilité transfrontalière. Récemment, il est clairement apparu que l'Europe nécessitait de toute urgence une instance européenne de régulation et de contrôle du secteur bancaire et financier.
Par ailleurs, j'attache beaucoup d'importance au principe de ‘subsidiarité’. J'entends par là qu'une Union forte doit être basée sur la diversité : l'Europe ne pourra se rapprocher des citoyens européens qu'en se penchant sur le transfert de compétences souveraines.
Quelle est votre destination européenne favorite ?
Lisbonne, indiscutablement. Cette ville incarne l'authenticité : les trams, les sentiers, les librairies, la mélancolie ambiante, les cimetières, le Fado... Une grande ville qui laisse néanmoins sa place à la chaleur des communautés. Lisbonne se compose de sept villages différents, enchevêtrés les uns dans les autres, où chacun a pu préserver son charme authentique.