L’enseignement dans la lutte contre la pauvreté

« Une bonne formation est le meilleur moyen de casser le cercle vicieux de la pauvreté », déclare le chercheur belge Ides Nicaise. A l’occasion de la conférence des 28 et 29 septembre prochains à Gand, des experts et des personnes du monde de l’enseignement réfléchiront ensemble au rôle que l’enseignement peut jouer dans l’inclusion sociale.
La recherche montre en effet que les personnes ne détenant qu'un diplôme de l'enseignement inférieur ont quatre fois plus de chances de tomber dans la pauvreté que les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur.
Ides Nicaise mène depuis déjà 30 ans des recherches sur la pauvreté et préside en outre le Service de lutte contre la pauvreté. «L’enseignement et la formation sont en effet très importants dans la lutte contre la pauvreté », confirme-t-il. « Celui qui naît dans la précarité court un très grand risque de tomber également dans la pauvreté plus tard. Il semble qu’une bonne formation soit le moyen idéal de casser ce cercle vicieux. L’enseignement peut donc vraiment faire la différence. »
De grandes différences
Il existe encore de grandes différences au niveau de l’enseignement et de la formation. « Le système scandinave fonctionne par exemple très bien pour contrer les inégalités sociales », poursuit Ides Nicaise. « Là, les élèves ne choisissent leur orientation qu'à l'âge de 16 ans. La probabilité que les jeunes prennent une direction qui leur convient vraiment est donc plus élevée. »
« C’est totalement différent dans le système belge rigide, où les enfants doivent déjà choisir une filière précise dès l’âge de 12 ans. Les pays anglo-saxons, eux, ont une protection sociale faible et défavorable à l’enfant et un enseignement médiocre. On constate donc que le niveau de la précarité infantile est élevé et inacceptable dans ces pays. »
Une politique soft
« J’espère que l’inclusion recevra une place plus importante dans la politique européenne », explique Ides Nicaise. Depuis la stratégie de Lisbonne, il estime qu'on investit bien dans l'enseignement et la formation, mais surtout au sommet : la recherche et le développement, l’enseignement universitaire et les nouvelles technologies reçoivent beaucoup plus d’attention. « Nous devons également investir à la base. Ainsi, la politique européenne en matière d’inclusion sociale dans l’enseignement est très soft. Par exemple, une recommandation européenne sur l’égalité des chances dans l’enseignement et une législation européenne pour contrer la discrimination dans ce secteur représenteraient déjà un bon début. Espérons que ce congrès puisse être une 1ère étape dans la bonne direction. »