Jean-Claude Marcourt : « Pour une vraie politique de l’innovation »

Discours de Jean-Claude Marcourt lors de la Conférence European Cluster. Bruxelles, le 30 septembre 2010.
A quelques jours de la publication de l’Union pour l’innovation, cette conférence tombe à point nommé.
Nous avons en effet placé le renforcement de la compétitivité externe de l’Union européenne au premier rang de nos priorités. Selon le Réseau de soutien aux entreprises en Europe (EEN), regrouper les acteurs industriels dans des clusters peut être un moyen efficace de donner aux petites entreprises un accès aux marchés étrangers. Les clusters contribueraient dès lors aux performances des entreprises, en particulier des PME. Une politique de clusters ne peut dès lors, que contribuer à la relance et à la sortie de crise.
Les PME, comme vous le savez, constituent une autre priorité de notre présidence. Aujourd’hui, il n’est plus utile de répéter l’importance des PME en Europe que ce soit pour leur contribution à la création de richesses, à la croissance ou à l’emploi. La prise en compte de cette réalité s’est traduite, depuis quelques années déjà, par des outils spécifiques pour ces entreprises. Bien que les PME soient proches des régions et des territoires, elles sont également touchées par les mesures prises au niveau européen.
C’est pourquoi à notre sens, il est important qu’elles soient systématiquement prises en compte dans toutes les politiques européennes et singulièrement dans la politique industrielle. Nous plaidons donc pour une politique industrielle forte et durable et la Communication attendue de la Commission dans la deuxième moitié d’octobre, devrait présenter ces caractéristiques. Nous espérons vivement que cette politique, dont l’importance est actée dans la nouvelle Stratégie de l’Union européenne, valorise réellement le tissu des PME.
Une autre initiative phare très attendue est l’Union pour l’Innovation que j’évoquais il y a quelques instants. Le lancement d’une vraie politique d’innovation au niveau européen est évidemment fondamental. Un tel instrument doit contribuer à la compétitivité de l’Union et à la relance de la croissance. N’oublions pas cependant que le niveau régional occupe une place importante dans la gouvernance de la politique d’innovation.
Ce contexte m’amène à insister sur une bonne articulation entre les entreprises, le monde de l’enseignement et de la recherche mais aussi avec les centres de formation professionnelle. En Wallonie, nous nous appuyons sur les pôles de compétitivité et sur des clusters. Nous sommes en effet convaincus que ces dispositifs sont parmi les plus aptes à diffuser l’innovation, à créer des passerelles entre la recherche et l’entreprise, bref à renforcer les PME dans un contexte de restructuration et de mutation permanente de notre économie.
Je compte d’ailleurs aborder également cette question pendant les prochains mois de la présidence, et notamment à l’occasion d’une conférence qui se tiendra à Seraing, en Région liégeoise, sur le thème des mutations industrielles, les 15 et 16 novembre prochains. Je vous y invite car nous y aborderons le sujet qui vous tient à cœur et pour lequel vous êtes ici : comment gérer l’innovation et la diffusion de l’innovation dans un contexte de transformation permanente de l’économie. Nous comptons bien présenter les résultats de cet événement que nous avons organisé comme un dialogue entre l’industrie, le monde politique et le monde académique, au Conseil compétitivité de la fin du mois de novembre.
Je n’ai pas encore abordé un aspect crucial des débats qui vont être les vôtres ces jours ci : le financement et la nécessité d’adapter les moyens financiers disponibles. Cette semaine, le Vice Président de la Commission, Monsieur Antonio TAJANI, organisait le deuxième forum sur le financement des PME. Le financement de l’innovation y a été largement traité dans un contexte de sortie de crise où, malgré les apparences, les conditions d’accès au crédit restent très difficiles pour les entreprises en particulier pour les plus petites d’entre elles. Il a été dit que l’investissement initial dans les secteurs en croissance et dans l’innovation, a un effet démultiplicateur important. Et ces déclarations jettent une lumière positive sur les clusters et donc sur une politique structurée dans ce domaine.
Les clusters doivent faire partie du nouvel environnement économique. Ils sont un volet de la nouvelle politique industrielle. Investir dans une politique de clusters doit être un axe de la politique de la relance de la compétitivité de l’Union européenne.
Dans cette optique, je souhaite sincèrement que vos travaux contribuent à l’élaboration d’une politique de clusters qui reçoive toute l’attention des industriels et des décideurs politiques de tous niveaux.
Je vous remercie de votre attention.