Biodiversité à Nagoya : "Se détacher du business as usual"
"Afin d'enrayer le déclin de la biodiversité, nous devons mettre en place de nouveaux objectifs. Dans le cas contraire, nous jouerons avec notre propre avenir et celui des générations futures." La ministre flamande Joke Schauvliege a lancé cet appel le premier jour de la réunion ministérielle au sommet sur la biodiversité de Nagoya.
Lors de cette réunion des ministres, Mme Schauvliege, présidente du Conseil européen de l’Environnement, a pointé du doigt l'exceptionnelle opportunité dont bénéficiait la CdP 10. "Les jours qui nous restent ici représentent notre chance de restaurer la situation."
Elle a souligné, entre autres, l’importance de The Economics of Ecosystems and Biodiversity. Cette étude TEEB montre clairement, à l’aide de dossiers concrets, que la biodiversité a une valeur non seulement écologique, mais aussi économique. "Cette constatation est cruciale, en particulier pour les plus pauvres", a déclaré la ministre. La biodiversité est vraiment une condition pour atteindre des objectifs de développement plus larges et gagner le combat contre la pauvreté. Elle a rappelé les objectifs du Millénaire 2015 que l’Assemblée générale des Nations unies a encore discutés à New York il y a peu.
Trois sujets de discussion
La ministre Joke Schauvliege a mis en lumière l’ambition de l’Union européenne et de ses 27 États membres : enrayer le déclin de la biodiversité et le recul des services des écosystèmes dans l'Union européenne d'ici à 2020 et à augmenter la contribution de l'UE pour éviter la perte mondiale de biodiversité.
"Nous voulons tenir notre promesse", déclare la ministre Joke Schauvliege, "mais il nous faut aussi enregistrer des résultats ici." Elle fait ainsi référence aux trois discussions centrales.
La première est la réalisation d’un nouveau Plan stratégique 2011-2020 ambitieux et réaliste. "À cet effet, nous devons examiner comment nous pouvons renforcer aux mieux nos capacités et user de toutes les sources disponibles – scientifiques, technologiques, humaines et financières - pour permettre à tous les pays impliqués de réaliser leurs engagements."
Consécutivement, nous devons trouver un accord quant à la prévision de moyens suffisants et l’utilisation efficace des ressources existantes. La Belgique a d’ailleurs augmenté sa contribution de 46 millions d'euros à 78 millions d'euros. Cet argent est destiné tant à la biodiversité qu’au climat et au développement durable.
Un dernier débat concerne l’Access and Benefit Sharing (ABS). Le protocole qui doit être conclu sur le sujet doit garantir la transparence et la sécurité juridique, mais aussi un "partage juste et équitable des avantages qui proviennent de l'utilisation des richesses génétiques".
"Si nous voulons réellement donner une perspective d'avenir à la nature et à l'humanité, alors nous devons nous détacher de l'idée que nous faisons du business as usual et être prêts à trouver des compromis", a conclu la ministre Joke Schauvliege. "C’est pour cette raison que nous sommes ici."